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Historique du Bassin olympique

Afin de présenter à Montréal les compétitions d'aviron et de canoë, le COJO (Comité organisateur des jeux olympiques) élabore, en collaboration avec les autorités municipales, un vaste programme d'aménagement de l'Île Notre-Dame. Cette île artificielle, située dans le Saint-Laurent en bordure de la voie maritime, a été constituée à l'occasion de l'Exposition universelle de 1967 (Expo 67).

Lieu de l'Expo '76

Cet emplacement présente plusieurs avantages pour les compétitions d'aviron et de canoë. L'île est située à 9,6 km du Village olympique. Les matériaux de remblai qui la composent faciliteront les travaux d'excavation et de terrassement; la direction des vents dominants assure d'excellentes conditions pour ces sports nautiques.

Le Service des travaux publics de la Ville de Montréal entreprend la transformation d'une partie de l'Île Notre-Dame en mai 1974. Il faut creuser un bassin de 2,18 km x 110 m, à une profondeur constante de 2,3 m. On devra aussi construire des bâtiments et réaménager quelques-uns de ceux qui sont déjà en place.

Les gradins permanents de 2 000 places se dressent à proximité de la ligne d'arrivée, sur un talus élevé à l'aide des décombres provenant de l'excavation du bassin. Des dallages de béton, où seront disposés des sièges faits d'une matière plastique de couleur moulée en forme de coquille, prennant appui sur le remblai dont le prolongement sert de gradins temporaires.

Le Bassin olympique, entièrement artificiel, est divisé en six couloirs de 13,5 m pour l'aviron, et en neuf couloirs de neuf mêtres de large pour le canoë. Un couloir de 7 mêtres est laissé libre en bordure de la rive est; le corridor de retour, de 22 m de large, longe la berge ouest. Afin d'arbitrer des vents la surface de compétition, on maintient le niveau d'eau constamment au-dessous de celui du Saint-Laurent, à l'aide d'un système de pompage qui limite les effets d'infiltration.

Le lieu de compétition

C'est au début de 1973 que remonte l'idée d'aménager un bassin dans l'Île Notre-Dame, l'une des deux îles artificielles du Saint-Laurent créées pour l'Expo 67.

L'Île Note-Dame permet de construire un bassin d'aviron situé presque au centre d'une importante agglomération urbaine ; la tribune principale du bassin se trouve en effet à cinq minutes de marche du Métro et à quinze minutes du centre-ville en voiture.

Pourtant, la Féderation internationale des sociétés d'aviron (FISA) hésite quelque temps à approuver le choix de ce lieu de compétition, car les dimensions de l'île artificielle limitent la largeur du bassin à 110 m et sa profondeur à 2,3 m. C'est cette profondeur insuffisante qui constitue, semble-t-il, le principal obstacle. En effet, les embarcations provoquent des ondes vers l'avant et vers le bas au moment où chaque coup d'aviron propulse l'entrave. Les ondes qui se répercutent à une profondeur de 2,3 m n'atteignent pas les petits esquifs, mais dans le cas des grandes barques à huit rameurs, elles reviennent vers le milieu de la coque. C'est pourquoi la FISA préfère que tous les bassins servant à des compétitions internationales aient trois mètres de profondeur.

Après mûre réflexion, la FISA approuve finalement le bassin de l'Île Notre-Dame, estimant que les conditions de nage, présentant les mêmes difficultés pour tous les équipages de huit rameurs, seront parfaitement équitables. En outre, la proximité du centre-ville compense largement les inconvénients du bassin.

 

Les innovations

La présentation, pour la première fois dans l'histoire des Jeux, d'épreuves d'aviron pour les femmes, a incité le COJO à modifier la méthode habituelle de chronométrage.

Pour les épreuves masculines, un poste de chronométrage équipé de caméras et de magnétoscopes est placé à tous les 500 m du parcours de 2 000 m.

Le parcours des courses féminines étant de 1 000 m, un poste au 500 e mètre ne permettrait d'enregistrer qu'un seul temps de passage. Les organisateurs de Montréal installent donc deux tours de chronométrage de plus que ne l'exige le règlement de la FISA : au 250e et 750 mètres.

Les Montréalais possèdent désormais l'un des bassin les mieux aménagés au monde pour la pratique de l'aviron et du canoë. Les bacs à ramer pourront servir toute l'année à l'entraînement des athlètes canadiens. L'hiver, le terrain servira aux adeptes du patinage et du ski de fond.

 

(Tiré du Rapport officiel des Jeux de la XXIe Olympiade Montréal 1976 : Vol. I – Organisation & Vol. II – Installations)


CAM-MRC remercie Ann Rajan pour la recherche sur cet article.